FEUILLET DU 30 JANVIER 2005

L'ÉCHANGE DE LA PAIX, POUR QUOI FAIRE?
S'il est un geste qui fait parler les gens, tant chez les fidèles qui sont invités à le pratiquer que chez les membres des comités de liturgie, c'est bien celui de l'échange de la paix. Plusieurs le souhaitent si ardemment qu'ils le rappellent assidûment aux présidents d'assemblée, par souci de vérité du rassemblement. D'autres s'en plaignent aux mêmes présidents, pour des raisons hygiéniques ou culturelles. Pourquoi en est-il ainsi?

Des résistances
L'échange de la paix risque d'être très superficiel, si les gens ne se connaissent pas et ne désirent par entrer en interrelations. La pratique dominicale de chez nous n'est-elle pas très individualiste et peu ouverte à la dimension communautaire? Le geste s'oppose-t-il à notre culture de propriétaires isolés les uns des autres? La peur de la transmission de maladies virales ou bactériennes empêche également beaucoup de gens d'acquiescer à l'échange de la paix. Les poignées de mains et les accolades risquent de propager les microbes, particulièrement en temps d'épidémie grippale. Ces gestes permettent une intimité qu'on ne se payerait pas ailleurs, du moins sans y consentir personnellement. A-t-on également perçu le sens chrétien du geste et son rapport avec la foi et la communauté?

Dans l'histoire de l'Église
L'échange de la paix fait partie de la culture orientale, ancienne et contemporaine. Les premiers chrétiens devaient naturellement s'échanger la paix lors de leurs rencontres de prière et d'agapes fraternelles. L'Occident a hérité de sa richesse. Les Pères de l'Église, dont Ambroise de Milan, nous parlent de son usage rituel lors des célébrations de l'initiation chrétienne et de l'Eucharistie dominicale. Il a lieu avant la présentation des dons, comme une démarche de réconciliation avec tous les frères et toutes les soeurs de la communauté, ou après la prière eucharistique, comme un sceau qui en marque la conclusion. Avec le temps, le rite de la paix n'est plus cette salutation mutuelle de tous les participants. Après avoir été restreint aux communiants, il ne concerne plus que le clergé et il est devenu un message qui se répand de proche en proche. Perdant son caractère expressif, il fut réduit, dans certains cas, à un "instrument de paix", un objet ouvragé que chacun approchait successivement de ses lèvres. Le missel de Paul VI a redonné à ce rite toute sa signification. Précédé d'une prière pour la paix et l'unité de l'Église, et du souhait de paix du président, chacun est invité à échanger avec ses voisins un geste fraternel, dont la forme doit s'adapter aux sensibilités des diverses cultures.

Un geste à redécouvrir et à promouvoir
L'échange de la paix est avant tout un geste de foi. Il n'est pas la paix qui vient de chacun d'entre nous, mais celle du Seigneur lui-même qui nous l'offre et dont nous faisons le partage. Ses exigences sont sans doute très grandes: accueil d'une autre personne qui est souvent une inconnue, expérience de communication par le regard, le toucher et la parole, conscience d'une paix reçue et partagée avec amour, appel au pardon et à la réconciliation lorsqu'un proche a été blessé ou nous a blessés. Les problèmes d'individualisme et d'hygiène communautaire s'ajoutent à ces exigences. N'en faut-il pas autant pour vivre et actualiser sa foi? L'échange de la paix peut devenir un moment important de la célébration chrétienne. Geste de foi, il dit à l'autre sa confiance en la paix de Dieu et elle lui souhaite personnellement ce don précieux du coeur. Geste de partage, il exprime à l'autre sa préoccupation de bonheur et à toute la communauté, la solidarité qui existe entre tous ses membres. Après avoir dit, dans la prière du Seigneur, que nous appartenons tous au même Père, nous exprimons dans un geste la charité qui nous unit et nous identifie en Église.

Des manières intelligentes de faire
L'invitation par le président ou le diacre à échanger la paix est à redire à chaque célébration dominicale. Le rite prend toute sa valeur symbolique par le ton et la conviction avec laquelle il est formulé. En ce temps de "guerre", n'a-t-il pas encore plus de pertinence? Il est bon de redire à l'occasion son sens, se référant aux textes de la Parole du jour et du message retenu. Il est bon également de rappeler la liberté de chacun de s'y exprimer, et des différentes manières de le faire: simple regard, échange d'une main ou des deux à la fois, accolade, autres gestes de tendresse. En période d' épidémie grippale, il est nécessaire d'aviser de s'en abstenir. Ce geste peut être placé à d'autres endroits que celui prévu par le Missel romain: au moment de la préparation pénitentielle, par exemple, après l'homélie ou avant la préparation des dons. Ce rite promu par la réforme liturgique favorise sans équivoque la participation à l'action liturgique. Il vaut la peine de l'instaurer dans nos communautés.
Louis-André Naud, ptre
Animateur de pastorale diocésaine au secteur liturgie.
(Article tiré de la Revue Pastorale-Québec, du 22 avril 2003, à la page 25)

AS-TU DÉJA PENSÉ À ÊTRE PRÊTRE?
Tu te poses peut-être des questions depuis peu ou même depuis longtemps sur la possibilité qu'un jour tu puisses devenir prêtre pour le service du Christ et de son Église? Mais peut-être aussi ne sais-tu pas trop à quoi cela pourrait t'engager? Quelles sont les conditions d'admission, quels sont les pré-requis au niveau des études, en quoi consiste la formation, etc.? Tu pourrais obtenir des réponses à tes questions en participant, sans que cela ne t'oblige à quoi que ce soit par la suite, à la réunion d'information sur ce sujet. Cette rencontre aura lieu le dimanche 13 février 2005, de 13h à 16h30, au Grand Séminaire de Québec, 1, rue des Remparts, Québec. Pour toute information et pour inscription, communique avec : Mario Côté, ptre au 692-0645, poste 365, ou avec André Gagné, ptre au 688-2872.