L'Évangile d'aujourd'hui raconte un véritable success story! Jésus est si populaire que la ville entière se presse à la porte de la maison, et, le lendemain, les disciples sont tout heureux de lui dire : Tout le monde te cherche! Mais, nous conduisant au-delà des événements, Marc nous donne un indice de ce qui se passe vraiment. L’indice, c’est qu’après son succès, Jésus se retire au désert. Or – il vient de nous le raconter – le désert est le lieu de la tentation. Donc, derrière tous ces événements se profile une tentation qui prend la forme d’une triple séduction.
1. LA SÉDUCTION DU NOMBRE
On aime les gros chiffres: « 30 000 personnes ont assisté à ce concert rock! » « Un million de personnes ont regardé le super-bowl à la télé! » Jésus refuse la tentation du nombre; son succès ne se mesure pas par la quantité mais par la conviction des disciples qui oseront le suivre jusqu’à la croix.
2. LA SÉDUCTION DE L’ACTION
Notre société est axée sur l’efficacité et nous sommes tentés de mesurer la valeur d’une personne à sa capacité d’agir et de produire. Les disciples comprennent mal que Jésus perde son temps à prier! Vite, il faut plonger dans l’action, rejoindre la foule des fans qui attendent! Mais Jésus sait que l’action risque de n’être qu’agitation lorsqu’elle n’est pas enracinée dans une relation profonde et personnelle avec Dieu.
3. LA SÉDUCTION DE PLAIRE
Simon-Pierre est un grand ami de Jésus : il est parmi les premiers à l’avoir suivi; il l’accueille dans sa propre maison. Pourquoi Jésus ne lui ferait-il pas plaisir en répondant à sa demande d’aller rejoindre la foule de Capharnaüm? Ici, Jésus commence déjà l’éducation de Pierre : il veut lui montrer que le véritable ami n’est pas celui qui cherche à te plaire, mais celui qui t’aide à aller au bout de toi-même...
Ces séductions sont toujours là, aujourd’hui. Elles sont une tentation pour chacun de nous. Elles sont une tentation pour notre Église. Prions pour que l’Esprit nous donne la force d’y résister, comme il l’a fait pour Jésus.
Georges Madore
Apprendre à prier, cela demande du temps. Mais prier, qu’est-ce que c’est?
Prier, c’est se mettre sous l’influence de l’Esprit Saint, se calmer, se recueillir pour laisser sourdre, filtrer, jaillir ce qu’il y a de plus profond en nous, pour se rendre docile à un autre qui prie en nous.
Prier, c’est consentir à plus grand que soi, c’est laisser éveiller en nous, laisser déborder en nous la joie, l’amour du Fils pour son Père. Il n’y a qu’une prière que le Père aime, il n’y a qu’une prière
que le Père écoute avec ravissement, avec infiniment de joie et de complaisance : c’est le murmure incessant d’amour, de désir, de révérence, d’admiration, d’action de grâce, qui jaillit du cœur du Fils vers le Père.
Prier, c’est se mettre tellement à la disposition de Dieu qu’on le laisse un moment faire en nous ce qu’il veut faire depuis toujours et que nous ne lui laissons jamais le temps de faire!
François Louis Dupire, prêtre
C’est dans la faiblesse que s’exprime la puissance du Christ.
Sa façon d’être Dieu provoque notre façon d’être homme
Benoît XVI
Que me fait en moi la naissance de Jésus à Bethléem, s’il ne naît pas en moi, s’il ne grandit pas, s’il ne s’épanouit pas dans mon cœur.
Angelus Silesius